Dans quelle mesure suis-je autocompatissant ? Une prise de conscience est un premier pas vers un changement, et permet aussi de mesurer son évolution. L’échelle d’autocompassion, développée par Kristin Neff, permet d’évaluer de façon objective notre degré d’autocompassion.
Qu’est-ce que l’autocompassion ?
Nous les êtres humains avons tendance à glisser en un éclair de « j’ai échoué » à « je suis nulle (autocritique) et il n’y a que moi qui suis comme cela (sentiment d’isolement)« … « je suis un échec » (suridentification)… n’est ce pas ? Ce qui a pour effet de majorer notre souffrance et de constituer un obstacle au soin de soi.
Pour mémoire, une définition informelle de l’autocompassion serait : se traiter comme un.e ami.e chèr.e, y compris lorsque les choses tournent mal : “Oh, ça n’a pas fonctionné comme tu le souhaitais, je vois que c’est dur pour toi (pleine conscience). C’est normal de se sentir mal dans cette situation (humanité commune). J’ai confiance en toi… De quoi sens-tu avoir besoin ? (bienveillance)”.
Et si vous voulez aller plus loin avec un rappel du modèle de Kristin Neff sur l’autocompassion, je vous invite à lire un de mes précédents billets.
Pourquoi mesurer son niveau d’autocompassion ?
On peut avoir besoin d’un peu d’entraînement pour en arriver là et pouvoir se traiter comme notre meilleur.e ami.e ! La bonne nouvelle, c’est que c’est possible et que chacune de ces composantes peut se travailler, en développant des ressources et compétences.
Une prise de conscience est une étape indispensable pour s’engager dans un travail sur soi.
« Il existe un curieux paradoxe : quand je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer ». Carl Rogers, psychologue humaniste américain.
Je propose souvent deux abords pour favoriser cette prise de conscience :
- Un abord informel et émotionnel, à travers l’exercice « comment je traite un ami », que vous pouvez trouver en audio ici. Cet exercice, guidé, peut permettre de ressentir dans son corps et émotionnellement l’impact du traitement que nous nous infligeons habituellement.
- Un abord plus formel, en utilisant l’échelle d’autocompassion de Kristin Neff, un questionnaire avec 26 items, en anglais avec calcul automatique du score, ou en français, avec calcul manuel du score.
Ce questionnaire vous permettra d’évaluer à quel niveau :
- vous faites preuve de bienveillance ou de jugement hostile envers vous-même en particulier en cas d’échec.
- vous cultivez un sentiment d’humanité commune ou vous vous sentez isolé par vos imperfections.
- vous avez une conscience équilibrée de votre souffrance ou une tendance à vous suridentifier.
J’encourage toute personne se lançant dans un processus permettant de travailler les compétences liées à l’autocompassion à faire cette évaluation avant, puis à la refaire après ce travail. Ce questionnaire est d’ailleurs utilisé dans le domaine de la recherche, de plus en plus abondante en ce qui concerne l’autocompassion, pour évaluer l’efficacité des interventions, avec ou sans entrainement à l’autocompassion !
Comment apprendre à devenir plus autocompatissant avec soi-même ?
Chacun peut trouver un chemin qui lui est propre, voici plusieurs niveaux d’intervention, ce sont des pistes, non limitatives :
- un cheminement de son côté, en commençant par lire des ouvrages qui peuvent être abordés en self-help / autosoin, comme le livre « S’aimer » de Kristin Neff, ou « Mon Cahier d’autocompassion en pleine conscience », de Kristin Neff et Christopher Germer ».
- un entrainement intensif en passant par un programme MSC – Mindful Self-Compassion (autocompassion en pleine conscience), comprenant 8 séances + 1/2 journée de pratiques sur 2 mois.
- une thérapie avec un professionnel en santé mentale si votre problématique est complexe et/ou que des vécus traumatiques non traités sont intriqués.
Il est possible de travailler sur plusieurs niveaux en même temps ! Il n’est pas rare que des personnes participant à un programme MSC, par exemple, aient été encouragées le faire par leur psychologue, par exemple.
Dans ma pratique professionnelle, j’intègre un entrainement à l’autocompassion en consultation diététique individuelle selon les besoins de chacun, car cela accompagne merveilleusement bien le changement comportemental. En tant qu’enseignante qualifiée MSC, j’enseigne également le programme MSC d’autocompassion en pleine conscience à des groupes bien plus larges que ma patientèle, et aux professionnels de santé (plus d’infos ici).
Si vous me découvrez ici : mes multiples casquettes pro sont en signature de ce billet… et je suis aussi une maman de 4 enfants, qui a le goût de l’aventure en famille et une passion pour tout ce qui est fermenté !
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Erika Fournel – Consultations en diététique comportementale & sessions de groupes
« De quoi ai-je besoin ? »
❤️🩹 Apaiser la relation à l’alimentation et au corps
🫴Diététicienne spé TCA
🧘🏻♀️Instructrice des programmes MSC d’autocompassion & ME-CL d’alimentation en pleine conscience + Body Project
