L’autocompassion féroce : agir pour soi et dans le monde

L’autocompassion… « bisounours » ? Je l’entends parfois… « Si je suis trop « bienveillant » envers moi, je ne vais pas avancer, et à coup sûr, je continuerai à dégommer la tablette de chocolat et plus« . Embrassons l’autocompassion dans sa dimension complète pour comprendre pourquoi cela est faux, et qu’en réalité, elle est un puissant adjuvant au changement comportemental, grâce à ses deux versants, tendre et féroce !

Les 3 composantes de l’autocompassion

La tendance assez naturelle de l’être humain lorsqu’il échoue est de passer de “j’ai échoué” à “je suis un échec” (arrosé de “et il n’y a que moi qui n’y arrive pas”).

Une nouvelle réponse à ce triptyque :

  • suridentification (à mon échec)
  • isolement (se sentir moins capable que les autres)
  • auto-critique (pensées d’auto-jugement)

est la réponse autocompatissante :

  • pleine conscience : reconnaître que nous souffrons, sans minimiser ni se laisser emporter par le récit dramatique
  • humanité commune : reconnaître notre appartenance au groupe des êtres humains imparfaits, et que la souffrance fait partie de cette condition humaine.
  • bienveillance envers soi : se parler et/ou se comporter envers nous-même, comme nous le ferions envers un ami cher qui vivrait une situation similaire.

(selon le modèle de Kristin Neff).

Une définition informelle de l’autocompassion serait : se traiter comme un.e ami.e chèr.e, y compris lorsque les choses tournent mal : “Oh, ça n’a pas fonctionné comme tu le souhaitais, je vois que c’est dur pour toi. C’est normal de se sentir mal dans cette situation. J’ai confiance en toi… De quoi sens-tu avoir besoin ?”

On peut avoir besoin d’un peu d’entraînement pour en arriver là 😉

Le versant tendre de l’autocompassion

On pense souvent à l’autocompassion sous son aspect “tendre” (appelé aussi autocompassion “yin”), qui nous permet d’être avec notre douleur d’une manière tendre pour :

  • nous réconforter
  • nous apaiser
  • nous valider nous-même

Oui, c’est bien une des deux jambes de l’autocompassion !

Mais voir cela uniquement sous cet angle peut alimenter des croyances, comme le fait que l’autocompassion serait :

  • de l’apitoiement sur soi ?
  • un signe de faiblesse ?
  • une façon de se donner des excuses ?
  • minerait notre motivation à changer ?

J’entends parfois que ce serait “bisounours”, ou associé à une posture de résignation, d’immobilisme. “J’ai besoin de coups de pied au c… pour avancer. La bienveillance, ça ne marche pas pour moi”.

La 2ème jambe de l’autocompassion : son versant féroce

C’est occulter cette 2ème jambe, tout aussi indispensable : l’autocompassion sous son aspect “féroce”, qui nous permet d’agir dans le monde d’une manière forte, assertive, courageuse pour :

  • nous protéger
  • subvenir à nos besoins
  • nous motiver

Poser nos limites, se mobiliser pour se sortir d’une situation difficile, injuste voire toxique, travailler à se libérer des oppressions systémiques (patriarcat, grossophobie), mettre en place un changement dans sa vie qui demande de sortir de sa zone de confort, travailler sur un trouble chronique ou une addiction demandent d’activer de l’autocompassion féroce !

Les deux aspects de l’autocompassion sont aussi liés que nos deux jambes. Nous avons besoin du versant tendre pour nous apporter la sécurité nécessaire pour activer le versant féroce, et agir dans le monde.

Une vision plus équanime de l’acceptation

Cela nous permet d’accéder à une vision plus équanime de l’acceptation en distinguant :

  • ce qui n’est pas de ma responsabilité et/ou ce sur quoi je ne peux agir.
  • ce qui est de ma responsabilité et/ou ce sur quoi je peux agir.

C’est la base pour sortir de l’impuissance et orienter son action vers ce qui compte pour soi, en s’appuyant sur deux qualités d’actions essentielles : la persévérance douce et le courage.

Les recherches montrent que les personnes autocompatissantes n’ont pas moins d’exigences personnelles élevées : elles sont plus tolérantes à l’échec, et ainsi plus susceptibles de réessayer. La motivation avec l’autocompassion s’appuie sur le désir de santé et bien-être. Elle fournit l’environnement émotionnellement favorable nécessaire au changement.

Un lien évident avec le soin diététique

Au sein de ma pratique clinique, j’observe régulièrement combien ces deux aspects tendre et féroce sont liés et s’expriment dans les actions engagées posées par les patient.es, et impactant toutes leurs sphères de vie : prendre soin de soi par l’alimentation, l’activité physique, la tenue vestimentaire, le soin corporel ; s’émanciper face à des situations et/ou personnes devenues toxiques ; s’affirmer dans les relations interpersonnelles ; se mobiliser contre la grossophobie ; poser des limites saines pour retrouver sa juste place ; rebondir après une rechute, etc.

Avec cette question, autant au cœur de l’autocompassion que du soin diététique : de quoi ai-je besoin ?

Un changement de paradigme qui se fait petit à petit, chacun.e à son rythme… permettant des changements durables !

On est loin de la vision “bisounours” ou du cliché “je me laisse aller avec résignation dans mon canapé”, non ? Entre nous, je crois que le monde se porterait mieux si on apprenait à développer des compétences d’autocompassion 😉

Pour développer des compétences d’autocompassion de façon plus approfondie, vous pouvez vivre un programme d’autocompassion en pleine conscience sur 8 semaines, que j’accompagne en ligne, pour tous publics. Un vrai tremplin pour prendre soin de soi !

 

Si vous me découvrez ici : mes multiples casquettes pro sont en signature de ce billet… et je suis aussi une maman de 4 enfants, qui a le goût de l’aventure en famille et une passion pour tout ce qui est fermenté !

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Erika Fournel – Consultations en diététique comportementale & sessions de groupes
« De quoi ai-je besoin ? »
❤️‍🩹 Apaiser la relation à l’alimentation et au corps
🫴Diététicienne spé TCA
🧘🏻‍♀️Instructrice des programmes MSC d’autocompassion & ME-CL d’alimentation en pleine conscience + Body Project

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