Aliments ultra-transformés, quels critères de choix ?

L’été dernier, j’étais en plein dans la rédaction de mon mémoire de fin d’études pour ma formation de BTS Diététique : une sacrée étape qui clôturait un semestre rocambolesque. Le mémoire, laisse (entre autres) place à une (trop) petite étude personnelle, que j’ai rédigée sur le thème suivant : “les aliments ultra-transformés, quels critères de choix ?”.

Si je vous en parle c’est parce que j’ai sollicité nombre d’entre vous pour répondre à un questionnaire : j’ai reçu des centaines de réponses à l’époque, je vous en remercie chaleureusement !

Pourquoi s’intéresser aux aliments ultra-transformés ?

Lors de cette étude, je me suis longuement penchée sur les travaux d’Anthony Fardet, Docteur en Nutrition Humaine et chercheur à l’INRAE, dont je suis les travaux depuis plusieurs années. Je le remercie pour les échanges très éclairants que nous avons eus l’an dernier.

Cette étude a pris sa source à partir constatations personnelles, dont certaines émanent justement de mes expériences auprès de patients ou simplement des mes observations quotidiennes. Nos vies font que, nous achetons tous, dans des proportions variables, des produits transformés (une simple sauce tomate ou de l’huile d’olive en est) ou des produits ultra-transformés. Les repas les plus “à risque” sont le petit-déjeuner, et le goûter, en particulier pour les enfants. Par ailleur, l’arrivée de produits de substitution à la viande sur le marché représente un grand terrain de jeu pour les industriels : il y a du bon… et du moins bon.

Mais savons-nous vraiment ce qui définit un aliment ultra-transformé (AUT) ? Regardons-nous la liste d’ingrédients, la composition nutritionnelle, le nutriscore, Yuka ou nous fions-nous à notre instinct pour les choisir ? Considérons-nous un steak vegan ou des céréales de petit-dej notées 90/100 comme saines / non-AUT ? Et quid de ces compotes en gourde (vous seriez surpris !) ? Ces scores, basés sur la composition de l’aliment sont détournés par les industriels qui développent des produits afin d’obtenir une bonne note. J’ai analysé des dizaines et des dizaines d’emballages donnés par mon entourage et mis cela en lien avec les études existantes sur le sujet : édifiant par la tromperie potentiellement induite chez le consommateur non averti !

La fiche de synthèse de mon étude disponible en téléchargement

L’objet de mon étude était ainsi de mettre en valeur une hiérarchisation potentiellement erronée des critères de choix conduisant à l’achat de produits industriels et de développer les sujets suivants :

  • l’effet matrice d’un aliment
  • la classifications relatives à la transformation (Nova / Siga)
  • la technique du “cracking” ou fractionnement-recombination dans l’agro-industrie
  • le Nutriscore : que mesure t’il ?
  • la matrice VS composition d’un aliment
  • quelques exemples
  • les impacts santé et environnement des AUT
  • que consommer ?

 

Je vous propose ainsi, en téléchargement dans ce billet, la fiche synthétique de 4 pages que j’ai réalisée pour les répondants au sondage qui avaient accepté de me laisser leurs coordonnées email. Cette fiche vous donne une synthèse très résumée sur les thématiques listées ci-dessus. Il ne s’agit pas de la totalité de l’étude que j’ai rédigée pour mon mémoire mais d’une fiche à destination du grand public un peu éclairé mais souhaitant approfondir le sujet. Si vous diffusez ce document, merci d’en indiquer la source.

Sondage AUT – Petit récap critères de choix – Erika Fournel

 

Du bon sens avant tout 🙂

En conclusion :

  • Ignorez le nutriscore, rangez vos téléphones et Yuka. Si la curiosité vous y pousse, utilisez l’application Siga, la seule à l’heure où j’écris qui s’intéresse au degré de transformation des aliments. A faire une fois, sur les produits que vous achetez le plus puis à oublier.
  • Evitez parmi la liste des ingrédients tout produit que vous n’avez pas dans vos placards en cuisine type sirop de glucose, dextrose, maltodextrine, protéine de pois, poudre de pectine, sirop concentré de pomme (dans une compote “sans sucre ajouté”).
  • Méfiez-vous des allégations alléchantes (“riche en fibres”, “moins de sucre”), etc qui sont l’indice d’une ultra-transformation (ajout de fibres purifiées, compensation du sucre par des additifs). Rappelez-vous que l’industriel cherche à vous vendre un produit avec un maximum d’ingrédients de remplissage pour maximiser son profit.
  • Ne culpabilisez pas non plus si vous achetez de temps en temps ce paquet de biscuits au goût si régressif et pourtant plein de cochonneries (ça m’arrive de le faire aussi !) : c’est l’alimentation dans son ensemble qu’il convient de prendre en compte.

 

Ne laissez pas un score ou une application dont vous ne connaissez pas ou ne comprenez pas les critères décider pour vous. Fiez-vous à votre bon sens, et favorisez une alimentation faites de produits bruts, variés. 

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